Let them eat cake!
(Marie-Antoinette, enfant de la balle, un peu solitaire.)
On ne m'avait pas dit!

photographie de Jestem Mezczyzna
Je demande réparation et « on ne m'avait pas dit ».
Pour vos matins trop brumeux, vos gerçures aux doigts, votre histoire des 35h que c'est rien qu'un sale mensonge, votre réveil-matin qui piaille l'aurore et aussi pour l'étroitesse de mes jours et la vacuité de mes nuits.
On ne m'avait pas dit et aujourd'hui, la gueule aux quatre vents, je braille et demande réparation.
Je n'accuse plus, parce que ça c'est révolu, on est plus souvent victime qu'étendard maintenant.
J'ai dans la bouche toute la grisaille assassine d'une jeunesse née avec la cuillère d'argent, génération Y qui n'a pas l'habitude de. Qui exige et qui.
Alors, en représentante aguerrie de la plainte et de l'apitoiement, apanage piteux des 12-25ans, je demande réparation, conchie Zola, prône un retour à l'insouciance, jure qu'on ne m'y reprendra pas.
Je brandis nos armes: mollesse, désengagement, égarement, égoïsme latent. Et revendique encore passivement les affres de l'adulescence, le cul bordé de nouilles, le cœur-chamallow.
Combien de temps vivra t-on encore dans cette cotonnade, ridicule cocon tissé en aveu de lâcheté?
J'attends encore le coup de pied au cul qu'on nous a jamais mis, lorsque de jérémiades avachies en plaintes assourdies, je prône « l'à-reculons », mange des pâtes à même la casserole, me murge la tête et refuse de passer le permis.
Allez, répondez: pourquoi ne m'a t-on pas dit?
.
Buffy contre les Vampires...
...
Welcome to Sunnydale, 2011, 68x88cm , encre de chine, pastel sec (version photoshop)
... ou l'adolescence mal dégrossie.
Mais je vous jure, j'ai une explication pour ça!
La prochaine fois je vous la donne (-la justification de mes goûts douteux-) et je vous montrerais aussi la version non photoshopée de ce tableau, elle est bien différente, moins agressive que celle-ci, normal j'ai utilisé de l'aquarelle.
En attendant, pour patienter un peu (comme Josh Whedon, je vous tiens en haleine , pas vrai?), je peux toujours vous proposer d'aller jeter un coup d'oeil sur les chroniques cinéflip de La Chic Fille histoire de se remettre dans le bain Buffyesque (que dis-je, le chaudron!,-pardon-) , avant que je revienne vous assommer par ici.
Parce qu'on en a pas fini avec La Trilogie du Samedi.
bigkiss les kids!
Dans le train.
ciel bulgare, de la fenêtre d'un car.
Y a des trains on les a pris tellement souvent qu'on se dit merde c'est la vie. Et on oublie.
On oublie à quoi sert le train, comme il apaise l'âme et permet de s'échapper de soi-même.
On ne voit que: les sièges moquette&plastique, l'odeur de chewing-gum fraise-banane, ceux qui lisent Voici ou Libé, les enfants apathiques, les mémés qui font semblant d'être encore plus des mémés juste pour avoir la place bord-de-fenêtre, la voix du mec dans le haut-parleur qui veut montrer comment il sait bien parler trois langues alors qu'il y a pas un seul espinguouin dans le Reims-Nancy...
Et de friches industrielles en paysages aplatis façon Brooklyn Boogie-Woogie, c'est la vie qui défile avec les grandes pensées qu'on aimerait philosophiques, qui sont juste anarchiques parce qu'on ne veut pas s'abstraire, triste aveu d'oisiveté.
On prend le train et c'est un peu agaçant toute cette parenthèse, et puis voilà qu'il fait nuit, le paysage s'est mué en visage, reflet scruté, livide, fatigué.
On voudrait tirer parti du temps à tuer, on a tout emmené, les crayons, le carnet, un livre, des barres chocolatées. C'est l'embarras du choix, on donne de la tête, on butine et d'une activité à l'autre (notre voisin commence à s'agacer), on retombe lentement dans une triste torpeur mais ça c'est à cause du chauffage des pieds et du ronronnement huilé.
Ce trait d'union forcé entre le point A et le point B, on l'aurait aimé rentabilisé, essoré, consommé.
Mais voilà, on a tant pris le train qu'on en a oublié le seul attrait qu'il puisse seulement posséder: celui de contempler, attendri et oublieux, le petit tumulte des vies qui vont, qui viennent.
Faisons la paix.
Et la boucle, bouclée.
***
Bonnes fêtes de fin d'année et si je puis me permettre, saoulez-vous bien la gueule, le Bon Dieu vous le rendra.
Amen.
La Nativité par Patricia Piccinini, c'est d'saison.
Bigbisous!









