En vrai je ne suis pas morte, et même: je vais bien-très-bien,merci.

 Bribes et Je reviendrais pour les mots après.

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Voyez vous-mêmes, je jure&postillons-sur-le-lino, j'ai pas arrêté de dessiner.

En puis le mieux dans l'histoire c'est que je prépare une nouvelle expo, pour très bientôt.

J'irais boire de la vitamine effervescente sur vos tombes, en écoutant Cindy Lauper.

***

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Et un morceau des mots d'avant, pour illustrer maintenant:

"On m'a fait remarqué à quelques reprises que la représentation de la natte, ou tresse,
était récurrente dans mon graphisme: seule ou accompagnée (en général trônant dans
la chevelure d'un personnage féminin), coupée ou attachée, desserrée, touffue, fine,
enroulée, anecdotique ou centre d'intérêt, partout la voilà qui s'immisce, serpentine et
luisante, féminité contrainte ou déployée.
J'ai tenté d'explorer plus avant la symbolique qui entoure cette coiffure, car c'est bien
d'une simple coiffe, d'un entrelacs capillaire, d'un noeud, dont il est question au
départ...
Voici ce qu'il est écrit dans le Dictionnaire des Symboles au mot « Natte »:
« Les cheveux dont la natte est constituée sont, comme la barbe, une preuve et un
moyen de force virile et vitale.
Outre ce symbole, la natte signifie aussi un lien probable entre ce monde-ci et l'Au-
Delà des défunts, un enlacement intime de relations, des courants d'influence mêlés,
l'interdépendance des êtres.
Sur les stèles d'époque gauloise, les cheveux sont ramenés en une seule grosse natte sur le côté.
Des monnaies, dites de « potin », représentent un personnage accroupi tenant ses dates dans
chaque main. La chevelure rasée était, en Irlande, un signe de condition sociale inférieure (chez les
germains également) ou d'humiliation.
Chez les Maya, la natte est un symbole du Dieu solaire et est utilisée par ses représentants sur
terre. »


J'ai aussi jeté un coup d'oeil à la définition du mot « Tresse » tentant intérieurement de démêler
(sans mauvais jeu de mots) les différences entre cette appellation-ci et celle au-dessus...
Étais-je une fervente partisane du tressage ou nattage?
« Par opposition à la spirale, qu'il considère comme un motif ouvert et optimiste, Marcel Brion voit
dans la tresse un motif fermé et pessimiste: le motif de la tresse est beaucoup plus compliqué et
beaucoup moins facile à définir.
Ce motif est aussi répandu que celui de la spirale; mais il a une toute autre signification.
D'abord parce que c'est un motif fermé et par là pessimiste, à moins que nous ne considérions
comme une perspective réconfortante et riche d'espoir la théorie de l'éternel retour, dont la figure
de la tresse est la formulation la plus simple et la plus évidente.
Supposons une spirale aussi longue et aussi embrouillée qu'on puisse la penser, elle aboutit
nécessairement à une issue; la tresse la plus rudimentaire, au contraire, est une prison sans
possibilité d'évasion. »
La tresse apparaît ici comme un symbole d'involution.


strangulation-enfin

Pour le jeu du foulard, pas besoin de foulard, décembre 2010,
encre de chine, broux de noix, craie sèche sur papier canson beige
40x30 cm


La symbolique que je dégage de mes dessins est à mi-chemin entre ces deux notions: dans ce
tableau-ci par exemple, la natte/tresse sera synonyme d'involution, elle est nouée autour du cou
d'une jeune fille et mime l'étranglement, un étouffement passif et consentant, dénué de sens...
Pourtant ici la tresse témoigne aussi de l'idée de « passage » propre à la première définition: « lien
probable entre ce monde et l'Au-Delà », le titre que j'ai donné à ce tableau est Pour le jeu du
foulard, pas besoin de foulard , or on sait que le jeu du foulard est un rite « de passage » très présent
chez les adolescents pour montrer leur force, leur courage, leur détermination... Le jeu du foulard,
s'il dégénère nous fait tout bonnement basculer dans l'Au-Delà.
La jeune fille, par son geste, bascule d'un monde à un autre: de l'enfance à l'adolescence, d'un
simple jeu au rite initiatique, de la vie à la mort...


Afin d'étayer cette analyse j'ai tenté d'explorer l'attrait psychanalytique de ce signe graphique, en me
penchant sur cette théorie « Lacanienne »: selon Lacan, la tresse serait le sexe manquant des filles...
Cette coiffure ainsi que le geste qui l'engendre mimerait le manque, la lacune, l'écueil...
Quoi qu'il en soit sa symbolique semble bien reliée à la sexualité, en voici une preuve
supplémentaire:
« Partie intégrante de la chevelure et de son symbolisme, la tresse, si elle est nettement visible, est
un détail important dans la lecture d'un rêve. Elle symbolise une force contenue et maîtrisée de
façon harmonieuse. Cette énergie d'origine sexuelle est canalisée, extériorisée, séductrice. La
tresse ou la natte représente ainsi une attente de l'autre, mais une attente fertile. Le dessin de la
natte évoque celui d'un épi de blé qui épouse le chemin de la colonne vertébrale. Dans la tradition
du yoga, ce chemin est celui des trois courants subtils qui traversent le corps humain. Ils montent
de la terre vers le ciel, symbolisant ainsi les forces d'évolution. »

Dictionnaire psychanalytique des images et symboles du rêve, Tristan-Frédéric Moir, éditions Lanore


Pour revenir sur un terrain plus « formel » ( ce mémoire n'étant pas spécialement porté au départ sur
la psychanalyse!), je pense qu'il est judicieux de rebondir sur un point évoqué dans cette dernière
définition: « ...le dessin de la natte évoque celui d'un épi de blé...», en effet, l'effet tramé de mon
graphisme rappelle le motif végétal, l'organique... Cette occurrence formelle revient de manière
constante, sous forme de natte ou simple motif abstrait... Ce geste est pour moi le plus naturel, le
plus facile: la plume glisse d'elle-même sur la feuille, le geste semble « couler », caresser le support,
l'effleurer...."

 

***

J'étais prétentieuse de l'écriture, un peu.

C'est (souvent) ennuyeux de remarquer qu'on utilise (toujours) ces mêmes gestes rassurants des mois après, semblables occurences formelles, rituels graphiques, systématisation de la pensée dessinnée: la natte me poursuit, et de mon évolution à son involution (ou l'inverse), je me démène, pataude.

M'enfin, c'est que je prends moins le temps pour y penser (à tout ça), 'savez, j'ai d'autres tignasses à fouetter, heu,crêper.

Je n'aurais pas pu être plus drôle.

 

A tantôt les amigos (faut pas prononcer le "s")!