16 mai 2012

Les impatientes

            Il ne reste rien d'autre que nos silences pour meubler nos absences. Il ne reste plus rien, juste un cœur qui bat dans le vide des vies que l'on s'invente, alors dis-moi enfin qu'il ne reste plus rien. Deux imprudentes le cou tendu vers ailleurs, le cul sur une valise, il ne reste plus rien, que nos enveloppes esseulées, obsédées et tordues. On ne pouvait plus voir ni le monde, ni nos gueules en peinture, alors nous sommes sorties de nos peaux, notre esprit est devenu une nouvelle... [Lire la suite]
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12 mai 2012

Gueule de bois littéraire

              Écrire pour découvrir ce qu'on est, de quel bois on se chauffe, au fond. Être ce voyageur des mots, et rechercher sans relâche celui qui viendra justifier l'état-j'erre. Ne pas se complaire dans le verbiage, explorer jusqu'au tréfonds de l'inconscient, triturer la matière grise pour en faire juter la substantifique moelle. Ne surtout pas s'en repaître, vider à nouveau son verre. Remettre en question chaque virgule, esquiver la lourdeur d'une tournure, retravailler la phrase... [Lire la suite]
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12 février 2012

La mal léchée

      Observer la vie, fenêtre sur cour, fermer ses volets du trop-plein. Pendant que leur vies dissolues et éparpillés s'ébattent et tambourinent, papillonnent en pulsations arythmiques, j'assiste avachie aux tumultes, potins et petits tracas des vies de mes amis. J'assiste avachie, et même que si j'aimais ça je me gargariserais le gosier d'une infusion verveine-camomille, et je prendrais des notes dans un petit carnet à reliures et mots scellés.   Je suis devenue la commère du village, on m'appellera la... [Lire la suite]
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16 janvier 2012

On ne m'avait pas dit!

       photographie de Jestem Mezczyzna     Je demande réparation et « on ne m'avait pas dit ». Pour vos matins trop brumeux, vos gerçures aux doigts, votre histoire des 35h que c'est rien qu'un sale mensonge, votre réveil-matin qui piaille l'aurore et aussi pour l'étroitesse de mes jours et la vacuité de mes nuits. On ne m'avait pas dit et aujourd'hui, la gueule aux quatre vents, je braille et demande réparation.Je n'accuse plus, parce que ça c'est révolu, on est plus souvent victime... [Lire la suite]
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07 décembre 2011

"et j'ai serré les poings pour m'ordonner de croire..." *

  -Max et les Maximonstres-     S'y remettre, vite. Arrêter de se raconter des histoires de pas-le-temps parce que justement la nuit il faut croire: j'en ai à revendre (quand il faut causer rentabilité). Je voudrais prendre des résolutions et puis je perds mes post-its. Au fond d'une poche, ils ricochent contre les cailloux, ceux du Petit Poucet de l'autre vie (tu suis, dit?). Et je ne sais plus qui des cailloux, qui des post-its. Pierre-feuille-ciseau pour une vie taillée à mes demi-mesures. Ce soir je... [Lire la suite]
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28 novembre 2011

Le gout du drame.

photographie de Lisa Lapierre   Il n'y avait plus rien, rien d'autre que le sol froid de la cuisine et dessus une petite, toute petite fille éructant. Un ridicule contraste mais qui aurait pu se douter? Le téléphone sonnait des attentes, des flots de larmes bouillies en bouillasse, le brouillard au-dedans, au-dehors, des fenêtres grises, des fenêtres fermées, des poings serrés. Des humiliations suffocantes, une amie au fond, très loin et qui ne sait plus quoi faire. Le néant d'une existence à apprivoiser, une poursuite... [Lire la suite]
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28 septembre 2011

Pourvu qu'on ait l'ivresse

Strasbourg, toute nimbée de sommeil, entre 07h30 et 08H00 un dimanche matin. Avec Valentin dans une main, mon sac-à-dos à bout de bras: la ville est à nous et ceux qui rentrent se coucher, vont chercher du pain, se croisent sans se reconnaître. Je mange tout: le pittoresque comme le chiendent, à c't'heure les clochards fraternisent avec les clochers de cartes postales: leur pif enfraisé fait la blague au rouge du grès des vieilles pierres. Un camaïeu sourd, goguenard. Harmonie du silence, engourdissement propice. On pourrait... [Lire la suite]
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08 août 2011

Bye Bye Strasbourg.

L'appartement se vide, et mon coeur qui gonfle. Chaque cadre de fenêtre essaye d'emprisonner les ramures, feuilles, odeurs de l'arbre, qui du salon, qui du rideau, devient paysage mental. Le fauteuil au bord du radiateur, chaque angle droit, je ne m'en souviendrai pas. Les plantes qui commencaient à peine à courir sur le mur. Les placards qui dégueulent des dessins, des cahiers, des bouteilles, des histoires... Nos nuits troubles, nos nuits avinées, la place de Zurich avec sa petite danseuse assise, le bar du coin, celui de ... [Lire la suite]
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21 juillet 2011

Du goudron et des plumes!

***   On y est, on y est! Et pourtant, ça piétine en rond avec l'idée que cette vie-là, m'appartient plus tellement. Impression tenace qu'on me coupe l'aile à ras, qu'avant j'en avais deux, je m'en souviens très bien. Pas la prétention d'admettre qu'elles m'emmenèrent très haut, ni très loin, juste assez pour remarquer que d'ici le panorama prenait des allures d'immensité, de bande à dessiner. Le regard western, le verbe adolescent: bien ouvertes, on aurait pu croire un aigle à tête d'enfant, un voyageur de Jules Verne,... [Lire la suite]
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24 mai 2011

Salles d'attente(s)

Voilà, ma tête c'est comme ici: des espaces vides où s'asseoir briserait la fragile harmonie du silence. Les puits de lumière qu'on aimerait spontanés, ne sont que malsaines évanescences, rappellent la possibilité d'un hâvre qu'on aurait préféré en soi, histoire de se faire un peu confiance, pour une fois. Ils sont touchants ces espaces, peut-être parce qu'il sont des attentes, surtout parce qu'ils respirent l'innassouvi. On voudrait les câliner, leur dire "tinquiète pas, va" et chatouiller leur austérité. Ouvrir une fenêtre,... [Lire la suite]
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